WOUJOUH BALDATI

28 octobre, 2006

special Mehdi Benbarka

Classé dans  — elliaoui @ 23:09

Nous avons laissé le choix à nos aimables lecteurs et lectrices pour nous proposer la personnalité du mois de novembre 2006. En effet la majorité des propositions que nous avons recueillies nous forcent la plume (ou le clavier) à présenter comme tête d’affiche un grand wjeh, il s’agit de feu Mehdi Benbarka. Rendez-vous donc le mois de Novembre 2006 avec :

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feu Mehdi Benbarka

 

Maroc: 41e anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka, en attendant la vérité

Quatre décennies se sont écoulées depuis la disparition de Mehdi Ben Barka, l’une des énigmes de l’Histoire du Maroc post-indépendance. Une affaire qui s’est affranchie du sceau strictement local pour une notoriété internationale. Logique, le combat mené par Mehdi Ben Barka avait comme principal objectif: libération des hommes du joug de la tyrannie aussi bien au Maroc qu’ailleurs.

 

Animé par cette noble ambition, Ben Barka a entrepris une série de voyages en Afrique, Asie et en Amérique du Sud pour concrétiser un espoir communément partagé par les peuples de cette région du monde. Une mobilisation d’envergure qui a commencé par inquiéter certaines puissances internationales hostiles à cet élan libérateur qui menaçait de happer leur hégémonie. En tant qu’animateur et porte-étendard de ce projet démocratique, moderniste et progressiste, Mehdi Ben Barka est devenu en effet la cible des apôtres de la réaction qui pullulaient aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Une alliance de circonstance autour du projet de l’élimination physique du militant. La connexion entre plusieurs services secrets s’est soldée par le kidnapping et l’assassinat de Mehdi Ben Barka le 29 octobre 1965 à Paris. Sinistre date et pour la famille du martyr et pour sa famille politique. Le militant a été tué. Son œuvre continue pourtant. Son nom est toujours présent et avec force dans la Mémoire collective des Marocains et des militants des droits de l’Homme, donnant naissance au mythe Mehdi Ben Barka

 

Un mythe qui s’est forgé autour des valeurs et principes du combat du militant socialiste, fervent défenseur des mouvements délibération. L’anniversaire de son assassinat est la date idoine pour la célébration de la Journée du disparu.

 

L’effort de réconciliation entrepris par le pouvoir avec le passé de violations des droits de l’Homme et de l’arbitraire a certes permis d’exhumer certaines affaires longtemps mises sous le boisseau. Quant à l’énigme Mehdi Ben Barka, elle attend toujours son rendez-vous avec la vérité. Une perspective qui ne pourrait que consolider la réconciliation nationale pour affronter les défis de l’avenir avec confiance et sérénité.
Mohamed Jaabouk

source 29 Octobre 2006 Libération

Maroc: Séquences souvenirs dans l’album de l’Histoire, ils ont connu Ben Barka

C’est avec des trémolos plein la voix que Mohamed Mjid, celui-là même que les journalistes présentent volontiers comme le doyen de la société civile, parle de Mehdi Ben Barka.Les deux hommes se sont connus et étroitement côtoyés en ces années de résistance alors que ceux du Mouvement national se battaient pour que la liberté soit. « Je suis navré que le Maroc ait perdu un leader de l’étoffe de Ben Barka. Ce n’était pas un homme, c’était un multi-homme », déclare Mjid.

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mohamed mjid

Le souvenir est resté intact. Notre interlocuteur dresse le portrait de l’homme. Il plonge dans les tréfonds d’une mémoire meurtrie qui a résisté au colonisateur pour esquisser le profil du militant, enlevé un certain 29 octobre 1965 devant la brasserie parisienne Lipp. « Ben Barka avait le langage qu’il fallait avec n’importe lequel de ses interlocuteurs. Il avait une capacité d’adaptation extraordinaire. Il était si convaincant ». C’est d’abord à Rabat, au lycée Moulay Youssef, que les deux congénères ont appris à se connaître alors qu’ils étaient ensemble en classe de 6ème et de 5ème. Dans sa ville natale de Safi, Mjid recevait souvent les Ben Barka, mari et femme. Les deux familles étaient liées. « Nous nous sommes ensuite retrouvés à Genève, puis à Paris rue Marboeuf et à Londres avec Ismaïl Touré, le trésorier des comités révolutionnaires d’Afrique. C’étaient dans les années 1962-1963. On parlait souvent du pays, des Marocains. Je lui disais : Mehdi, tu rentres au pays. Il répondait alors que le moment n’était pas encore venu ».

Les souvenirs d’enfant sont réputés être indélébiles. La rencontre de Driss Lachgar, membre du bureau politique de l’USFP, avec Mehdi Ben Barka fait partie de ses moments rares et forts qui ne s’oublient jamais. « C’était en 1963, lors d’un meeting électoral organisé à Rabat dans le quartier administratif. Mehdi Ben Barka était venu présenter le candidat ittihadi qui n’était autre que Lahbabi. C’était la première et dernière fois que je voyais Ben Barka vivant ». Enfant de 11 ans, Driss Lachgar a suivi par procuration et à travers son père, fervent ittihadi, l’enlèvement et la disparition du Zaïm. Il parle volontiers de grande proximité avec un leader qu’il n’a pourtant pas connu, car dit-il, c’est à travers ses lectures mais aussi les témoignages oraux qu’il a pu recueillir alors qu’il était encadrant du parti plongé dans la clandestinité qu’il a appris à connaître Ben Barka.

L’ombre du martyre a en permanence plané sur la carrière politique du chef du groupe parlementaire de l’USFP, parti qu’il a rejoint en 1971, de ses premiers pas au sein de la jeunesse ittihadi jusqu’à son accession aux instances dirigeantes. « Ma première confrontation violente avec les forces de l’ordre a eu lieu en 1971 alors que nous nous apprêtions à organiser un sit-in, roses à la main, devant le domicile du leader disparu, à Diour Jamaa ». Cultiver le souvenir de Mehdi Ben Barka, réclamer la vérité sur sa disparition, oeuvrer pour que l’Histoire n’oublie jamais un immense leader, c’est à cette école que Driss Lachgar a été formée. « Je fais partie de cette génération qui s’est battue pour que Ben Barka ne soit pas oublié et que le 29 octobre 1965 soit une étape essentielle dans la quête de la vérité », explique celui qui est député de Rabat.

« Mes toutes premières nuits à Rabat, je les ai passées au domicile de Mehdi Ben Barka qui est venu m’accueillir à la descente du train qui venait tout droit d’Oujda », se souvient Ahmed Osman, président du Rassemblement National des Indépendants. Nous sommes en 1947 et Osman, jeune élève méritant de la région de l’Oriental, est sélectionné pour rejoindre le Collège Royal et poursuivre ses études avec Moulay Hassan, prince héritier à l’époque. Ben Barka était alors professeur de mathématiques au Collège Royal. « J’avais eu toutes les difficultés du monde à quitter Oujda. Ben Barka avait contacté le représentant de l’Istiqlal dans la ville, qui n’est autre que mon frère, pour lui dire que je devais absolument rejoindre Rabat. Ce que je fis. Je suis arrivé un vendredi soir et lundi matin j’ai rejoint le collège ryal. J’avais passé le week-end dans la maison familiale du Zaïm qui m’avait conduit jusqu’au collège.

Depuis, on ne s’est jamais perdus de vue ». Mjid, Lachgar, Osman, tous sont prompts à évoquer l’héritage légué par Ben Barka, leader parti beaucoup trop tôt. « Son héritage politique, c’est l’histoire d’un homme qui ose », s’exclame Mohamed Mjid. Pour l’usfpéiste Driss lachgar, Ben Barka est l’homme politique qui a donné corps au progrès et à la modernité et ce depuis la scission avec l’Istiqlal. Son legs politique est essentiel. « Il incarne l’homme d’appareil par excellence. Et c’est parce qu’il était un homme d’appareil porteur de conviction qu’il a pu réussir un projet telle que la route de l’unité. Seuls les partis qui ont une capacité d’organisation et de gestion sont capables aujourd’hui de réussir. Ben Barka a également légué au parti de profondes relations à l’international ».

« L’histoire a parfois été injuste. Ben Barka avait d’excellents rapports avec le Roi. C’est un certain entourage royal qui en avait pris ombrage et a tout fait pour empoisonner cette relation. Il a été assassiné à un moment où il pensait qu’une autre phase allait commencer au Maroc. Des contacts devaient reprendre avec le pouvoir. Certaines personnes ne l’ont pas vu d’un bon oeil », conclut A. Osman, celui-là même qui fut premier ministre et gendre de Hassan II. 29 Octobre 2006. Narjis Rerhaye
source Libération

Maroc: Après 41ans de la disparition de Mehdi Ben Barka, une affaire d’actualité brûlante

Le 29 octobre 2006, quarante et un ans se sont donc écoulés depuis l’enlèvement et l’assassinat du leader du nationalisme marocain, feu Mehdi Ben Barka. Depuis sa disparition et en dépit du long chemin parcouru sur la voie de la lutte pour la justice sociale et la défense des droits humains, l’affaire Ben Barka reste d’une actualité brûlante, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, particulièrement en France, là où le défunt fut enlevé et assassiné.

L’événement interpelle aujourd’hui toutes les forces vives et progressistes au Maroc. Il interpelle les défenseurs des droits de l’Homme eu égard à l’importance du travail que doit faire le CCDH (Conseil consultatif des droits de l’Homme), qui a hérité de l’IER (Instance Equité et Réconciliation) une série de recommandations appelant à la continuité de l’enquête relative aux circonstances ayant entouré la disparition de feu Mehdi Ben Barka.

L’IER est appelée à répondre à la volonté Royale exprimée à ce sujet et accélérer la cadence de son action dans ce sens.

La commémoration de ce 41ème anniversaire survient à un moment où des lueurs d’espoir pointent à l’horizon et incitent les autorités françaises à lever le voile sur les zones d’ombre qui entourent cette affaire.

En termes plus clairs, la France est appelée à rompre avec le silence qui a caractérisé jusqu’à présent son attitude à l’égard de cette affaire. Sa responsabilité n’est plus à démontrer : le défunt a été enlevé alors qu’il se trouvait sur le territoire français. Plus encore, les révélations du livre du commissaire Lucien Aimé-Blanc démontrent l’implication des autorités françaises au plus haut niveau.

De Gaulle est mort. Ses propos sur cette affaire sont de plus en plus démentis par les faits et ses idéaux de liberté et de justice sont encore présents, au même titre que les idéaux et principes que défendait Mehdi Ben Barka. Et jamais, nous n’avons été aussi proches de la vérité dans cette affaire. Aux uns et aux autres de faire le pas nécessaire pour l’éclatement de cette vérité.

29 Octobre 2006

Libération

source

Son fils Bachir accuse
le plus haut niveau marocain

« Tous les éléments en notre possession sont formels: ils indiquent que la décision première d’éliminer mon père a été prise au plus haut niveau de l’état marocain », a affirmé Bachir Ben Barka sur nouvelobs.com. I’ invité en forum sur nouvelobs.com, Bachir Ben Barka, le fils de Mehdi Ben Barka, a fait le point, mardi 31 octobre, sur l’enquête ouverte depuis plus de trente ans, en 1975, concernant l’enlèvement et l’assassinat de son père à Paris en 1965. Il met notamment en cause le rôle passé des autorités marocaines, affirmant que « tous les éléments en notre possession sont formels: ils indiquent que la décision première d’éliminer mon père a été prise au plus haut niveau de l’état marocain ». Quant au gouvernement actuel, Bachir Ben Barka estime que « les autorités judiciaires marocaines n’apportent pas toute l’aide nécessaire pour faire avancer la recherche de la vérité ».
Questions sans réponses
Le fils de l’opposant politique reconnaît « quelques avancées [de l'instruction en France, ndlr] dans la recherche de la vérité », et ce « malgré les blocages dus à la raison d’état, ou plutôt à la raison des états ou de leurs services secrets impliqués dans la disparition de mon père: le Maroc, le France, Israël, les USA ». Rappelant que le secret-défense a été levé il y a seulement un an sur « des documents du SDECE (ex- DGSE) que le juge avait récupéré en 1982″, Bachir Ben Barka rappelle que les questions essentielles restent encore sans réponse: « Qui sont ses assassins? Où est son cadavre? Toutes les responsabilités ont-elles été établies? ».
Nouvelles auditions demandées
Selon lui, l’espoir réside dans la nouvelle demande, faite en septembre 2006 par la justice française, d’auditionner notamment « Miloud Tounsi, commissaire des services secrets marocains à la retraite », connu sous le nom de Chtouki et d’autres témoins encore en vie résidant au Maroc. De ce point de vue, reste à attendre que « la justice marocaine fasse son travail », estime-t-il. En outre, Bachir Ben Barka se dit convaincu que « d’autres documents sont encore dans les services français (DGSE, RG DST..) ». « Ils doivent être remis à la justice. 41 ans, cela suffit !! ».

source 01.11.06 | 16:56

Mehdi BEN BARKA Né à Rabat en 1920, Mehdi Ben Barka a fait ses études
primaires à l’école des fils de notables et
secondaires au collège Moulay Youssef. Ses études
supérieures, il les fit à l’Université d’Alger.
Il fut l’un des premiers professeurs marocains de
mathématiques et enseigna au lycée Gouraud et au
collège Royal. Après avoir milité au Parti national,
il fut l’un des plus jeunes signataires du Manifeste
de l’Indépendance du 11 janvier 1944, arrêté à cette
occasion avec les autres dirigeants de l’Istiqlal, et
détenu pendant deux ans. Il joua un rôle de premier
ordre dans l’organisation du parti et sa structuration
populaire.
Il fut déporté à Talsint en 1951 et son éloignement
dura jusqu’en 1954.
Animateur avec Bouabid et Youssoufi des cellules
nationalistes au sein des syndicats, il joua un rôle
déterminant dans la création d’une centrale syndicale
marocaine en mars 1955 (UMT).
Il fera partie de la délégation de l’Istiqlal à la
Conférence d’Aix-les-Bains organisée par le président
du Conseil français Edgar Faure pour élaborer une
solution à la crise franco-marocaine née de la
déposition du Roi Mohammed V par la France et son
éloignement à Madagascar.
Au lendemain de l’indépendance du Maroc (2 mars 1956),
il se distingue par ses qualités d’organisateur au
sein de la direction du parti et d’animateur de sa
presse. Il préside la Commission Royale de
l’enseignement qui fixa les principes à l’action de
l’éducation nationale du premier gouvernement.
Président de l’Assemblée consultative désignée par le
Roi, il en fit un cadre de débat démocratique et
d’élaboration des grandes orientations de la nation.
Il mobilisa douze mille jeunes pour construire la
« Route de l’Unité » qui relie les anciennes zones
d’occupation espagnole et française, donnant l’exemple
de la participation populaire au développement du
pays.
Son combat pour la libération des pays d’Afrique du
nord et pour l’Unité du Maghreb s’illustra dans sa
participation à la Conférence de Tanger (avril 58) qui
regroupa les Partis de l’Istiqlal, le FLN et le
Néo-Destour.
Il joua un rôle principal dans la création de l’UNFP
en 1959, participa à la campagne contre la
Constitution de 1962 et fut élu député de Rabat en
1963. Contraint à un exil forcé en 1960, il consacra,
pendant deux ans, son activité à l’étranger au
renforcement des liens de l’UNFP avec les mouvements
de libération dans les pays arabes et en Afrique,
représentant le parti au sein de l’Organisation de
solidarité afro-asiatique. Il tissa un réseau de
relations avec la partis socialistes européens et
représenta l’UNFP comme observateur à l’Internationale
socialiste, ainsi qu’avec les partis communistes dont
ceux de l’URSS et de Chine.
Contraint à l’exil une deuxième fois en 1963, il
présidera le comité préparatoire de la Conférence
tricontinentale qui allait se tenir à La Havane en
janvier 1966. Au moment où il s’apprêtait à rentrer au
Maroc, il fut enlevé le 29 octobre 1965 à Paris par
des policiers français. Malgré l’engagement du général
De Gaulle que justice soit faite, le procès des
ravisseurs de Ben Barka n’a pas mis en lumière les
circonstances et les responsabilités de son
assassinat.
Rendre justice à l’homme, à sa famille, à ses
compagnons et au peuple marocain exige que toute la
lumière soit faite.
 

source www.usfp.ma

Driss Basri entendu par le juge de l’affaire Ben Barka

PARIS -- L’ancien ministre de l’Intérieur de Hassan II, Driss Basri, a été entendu lundi pendant deux heures comme témoin par le juge d’instruction parisien Patrick Ramaël en charge de l’enquête sur la disparition de l’opposant marocain Mehdi ben Barka en octobre 1965 à Paris.

Driss Basri

Driss Basri

« Je ne connais pas l’affaire, je n’y ai pas été mêlé », a assuré Driss Basri à l’issue de son audition. « Je lui ai dit tout ce que je savais, c’est-à-dire pas grand chose ».

Ex-homme fort du régime de Hassan II, dont il fut le secrétaire d’Etat puis le ministre de l’Intérieur de 1974 à 1999, Driss Basri est installé dans le XVIe arrondissement de Paris depuis janvier 2004.

Il avait été limogé en novembre 1999 par le roi Mohamed VI et entretient des relations tendues avec Rabat. Il a néanmoins obtenu en mars 2005 le renouvellement de son passeport marocain. Depuis, il dispose d’un titre de séjour en France.

A la question de savoir s’il savait où était le corps de Mehdi Ben Barka, Driss Basri a répondu par la négative. « Je serais heureux de l’apprendre », a-t-il assuré aux journalistes qui l’attendaient après l’audition.

« Si je le savais ça aurait été merveilleux pour la famille, les états français et marocain », a-t-il déclaré. « Je ne connais personne qui a participé à l’enlèvement », a ajouté l’ancien ministre marocain rappelant qu’il n’avait pris ses fonctions qu’en 1974.

« Vous ne pouvez pas demander à quelqu’un de laisser sa mémoire à disposition de son successeur », a encore plaisanté M. Basri. Il affirme également tout ignorer de PF3, un ancien centre de détention situé à Rabat, où pourrait être enterré le corps de Ben Barka qui n’a jamais été retrouvé.

La justice française enquête toujours sur l’enlèvement le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp, en plein centre de Paris, de l’opposant à Hassan II dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Une disparition qui a donné lieu à de multiples rebondissements et à quelques condamnations, insuffisantes selon les proches de Mehdi ben Barka qui ont toujours mis en cause Hassan II. Le roi, décédé en 1999, affirmait pour sa part qu’il s’agissait d’une affaire « franco-française ».

AP

Mardi 23 Mai 2006

source :www.emarrakech.info/Driss-Basri-entendu-par-l….

Paris : Place Mehdi Ben Barka

Place Mehdi Ben Barka

Une Place portant le nom de Mehdi Ben Barka a été inaugurée, le 31 octobre, dans le 6e arrondissement de Paris par le maire de la Capitale française, Bertrand Delanoe, en présence notamment de la famille du défunt.

Delanoe et la famille Ben Barka ont ensuite dévoilé, à une centaine de mètres de la Place, une plaque à la mémoire de l’homme politique marocain.

source

bladi net

Abdellatif Jebrou, journaliste et écrivain


Un témoin privilégié

A soixante ans, Abdellatif Jebrou n’a rien perdu de sa verve.
Témoin précieux du Maroc d’hier, il suit avec un œil vigilant
le développement du Maroc d’aujourd’hui. Militant de l’USFP,
il a une grande estime pour Mehdi Ben Barka…

Par Abdellatif El Azizi

• Abdellatif Jebrou

La politique, il est tombé dedans quand il était jeune. A 12 ans quand ses camarades jouaient aux billes dans les ruelles de la vieille médina de Rabat. À Rabat sous le protectorat la vie est fragile pour les jeunes. Abdellatif Jebrou a grandi là.
Dans les années 50, à la sortie des cours, les élèves se séparaient en deux bandes, lui, il s’offrait déjà le luxe d’être convoqué par le contrôleur civil de l’époque. En novembre 1953, il ne faisait pas bon sentir la résistance. Il fréquente la clandestinité très tôt car le mouvement du 25 janvier qui allait donner naissance à l’UNFP (Union nationale des forces populaires) recrutait déjà parmi les plus jeunes et les plus instruits, ses amis dont l’actuel maire de Rabat, Abdelfattah Sabatta, feront tous de la prison.
L’indépendance ne va pas leur réussir non plus puisque en décembre 1959, sous les lourdes accusations de Reda Guédira, Abderrahmane Youssoufi et ses compagnons vont être mis en prison. Il fera partie du lot.

Stage

Abdellatif Jebrou parle de cette époque avec une mémoire étonnante. Il décrit la réalité de l’occupation avec des détails d’une précision extraordinaire : “Le samedi 20 juillet 1963, le ministre de la Justice de l’époque, M. Bahnini nous accuse dans une manchette de La Vigie d’être le porte parole de ceux qui voulaient assassiner le roi. Arrêtés par le commissaire de police de Rabat, Driss Basri, nous avons été relâchés après la rencontre de Abderrahim Bouabid avec SM Hassan II. »
M. Jebrou raconte son itinéraire par bribes avec beaucoup de plaisir tant il est heureux de ce flash back inattendu. Journaliste au quotidien Al Ahdath Al Magrhribia, M. Jebrou avait commencé par la presse avant de faire une excursion dans la banque pour revenir à sa vocation.
Sa première entrée dans le journalisme ressemble à une anecdote : “J’étais en seconde et on m’avait demandé de faire le résumé d’un discours de Mehdi Ben Barka qui avait été publié en première page du journal Attahrir. J’ai pensé à tort que j’étais devenu un grand journaliste ».
Surtout après les quelques mois de stage au centre de formation des journalistes de Strasbourg.
Le journalisme ne le lâchera pourtant plus. Correspondant du journal Attahrir qui deviendra plus tard Al Moharrir, avant d’être baptisé Al Ittihad Al Ichtiraki, il vivra avec ses compagnons les douloureux événements de 1965 qui coïncideront avec l’enlèvement de feu Ben Barka. Personnage auquel Abdellatif Jebrou ne consacrera pas moins de quatre ouvrages.
Sous l’ère du général Oufkir, la presse de l’opposition est interdite de séjour et M. Jebrou comme de nombreux autres journalistes est obligé de se reconvertir pour gagner sa croûte.
Une carrière de 25 ans à Bank Al Maghrib qu’il n’hésitera pas à abandonner pour revenir à la presse dès que les cieux sont devenus plus cléments pour les journalistes.
En 1974, il travaille pour le journal Al Mouharrir avec Omar Benjelloun et Mohamed El Yazghi et en 1983 avec Mohamed El Brini quand celui-ci prend les rênes du quotidien du parti. Pour raconter la colère des petits.
A la question “que pensez vous de la crise qui a secoué l’USFP », il fait même mine d’interrompre l’entretien. Puis il reprend son récit : “Je suis content de ma carte de militant de base. Voilà ce que je suis, un militant de base et en tant que tel, je suis content parce que l’USFP a fait sa catharsis. Il s’est complètement libéré des tumeurs qui étaient nées de la capacité qu’avait Driss Basri de miner les partis politiques et les syndicats. »

Fierté

Il rappelle que le retour de Fqih Basri n’a pas arrangé les choses, précisant que la fameuse lettre a fini par le décrédibiliser complètement. “Ces gens là voulaient nous pousser à commettre les erreurs d’il y a quarante ans. Dans le paysage politique actuel, il y a des fantômes qui essaient tant bien que mal de tirer les ficelles pour bloquer la transition démocratique. »
Sur l’identité de ces fantômes, le nom d’un personnage comme Abdelkébir Mdaghri Alaoui revient souvent. S’il n’hésite pas à tirer à boulets rouges sur les fantômes du passé, il tient à clamer son optimisme: “Aujourd’hui, personne ne peut plus minimiser le rôle des forces vives dans la mutation démocratique; avec SM le Roi Mohammed VI, nous sommes définitivement rassurés sur l’avenir de la démocratie dans notre pays ».
A soixante ans, Abdellatif Jebrou a toujours la plume alerte. Témoin précieux du Maroc d’hier, il s’apprête à publier son dernier ouvrage sur Adi ou Bihi et les événements de Tafilalet. Un devoir de mémoire qui s’inscrit dans un juste retour des choses.
D’autant plus que le personnage, particulièrement casanier, n’a pas de difficulté à rentrer très tôt chez lui, amateur de soirées de famille autour d’une nombreuse progéniture. A Rabat, cela va de soi, car c’est une ville à laquelle il porte un amour inconditionnel.

source Maroc hebdo

Paris lève le secret-défense sur le dossier Mehdi Ben Barka


La vérité si je mens

Quatre décennies après l’enlèvement à Paris de Mehdi Ben Barka, la France décide de mettre à la disposition de la justice tous les documents classés jusque-là secret défense.

Noureddine Jouhari

• Mehdi Ben Barka.

“Tout le dossier détenu par les services secrets français sur l’affaire Ben Barka” est donc désormais à disposition du juge, a indiqué le ministère français de la Défense, le 15 novembre 2004. Michèle Alliot-Marie a donné ainsi, une suite favorable à la décision prise, le 14 octobre, par la Commission consultative du secret de la Défense nationale. Cette dernière avait approuvé la levée du secret-défense sur les informations demandées par le juge d’instruction français Claude Choquet, chargé de l’enquête sur la disparition de Mehdi Ben Barka.

Hégémonie

Près de quarante ans après l’enlèvement, à Paris, et l’assassinat du leader de l’opposition marocaine, le 29 octobre 1965, la vérité va-t-elle être connue ? Le gouvernement français, en tout cas, joue la «transparence». Le juge d’instruction peut désormais consulter les 73 documents classés jusque-là secret défense. “On met le tampon secret défense sur trop de choses probablement”, a déclaré à la presse Mme Alliot-Marie, avant de préciser que “en dehors des cas où les intérêts fondamentaux de la France ou la sécurité de nos personnels sont en jeu, la transparence s’impose”.
Le 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka, fondateur de l’Union nationale des forces populaires, était enlevé en plein Paris. Il n’a plus réapparu depuis et son corps n’a jamais été retrouvé. Il avait été enlevé alors qu’il était la cheville ouvrière du congrès de la Tricontinentale devant se tenir quelques semaines plus tard à Cuba.
Un congrès qui devrait réunir les leaders des mouvements de libération nationale et les chefs d’Etat aspirant à une véritable indépendance politique et économique.
Loin de l’hégémonie américaine ou de l’interventionnisme soviétique.
Plusieurs pays avaient intérêt à la disparition de M. Ben Barka, notamment les Américains et les Israéliens. Outre les Marocains… Et c’est pour cette raison que, quarante ans après, on cherche toujours à savoir qui a fait quoi dans l’opération de sa liquidation.
Ce processus de mise à disposition de la justice de tout le dossier concernant cette triste affaire avait été entamé en janvier 2000. Le ministre de la Défense de l’époque, le socialiste Alain Richard, avait levé le secret-défense sur une première fournée de pièces qui s’étaient avérées insuffisantes pour résoudre l’affaire. Il avait refusé en 2002 d’en livrer d’autres.

Mémoires

La famille Ben Barka avait souhaité, fin octobre, lors de la célébration de l’anniversaire de la disparition de Mehdi une “décision définitive » de la France sur le déclassement du dossier couvert par le “secret défense » depuis 39 ans. Ce qui vient d’être fait en cette fin 2004.
L’enquête, ouverte en 1975 à Paris pour «assassinat», corroborait la thèse de la torture de Mehdi Ben Barka à mort par des responsables des services marocains après son enlèvement, boulevard Saint-Germain à Paris, par des truands français. Ahmed Boukhari, ancien agent des services secrets marocains, avait publié, en 2003, un livre intitulé Le Secret, dans lequel il décrit dans le menu détail l’opération de rapt de Ben Barka, baptisée, selon lui, Bouya Bachir. Une version qu’il avait développée en partie dans ses mémoires publiés par notre confrère Al Ahdath Al Maghribia.
Si certains passages relatifs à la dissolution du cadavre de Ben Barka dans une cuve d’acide à Rabat paraissent invraisemblables, et certains détails ne pouvaient être à la disposition que d’un témoin oculaire, la version de M. Boukhari a eu le mérite de susciter le débat et de réactiver le processus judiciaire.
Pour Me Mohamed Mrini, avocat, membre de l’Union socialiste des forces populaires, la levée du secret-défense sur le dossier Ben Barka contribuera au processus de réconciliation marocaine.
Une manière de tourner la page des années sombres.
S’il est presque sûr que l’on ne trouvera jamais la dépouille de Ben Barka, la lumière pourrait être, au moins, faite sur cette affaire. Pour la famille du défunt et pour la vérité sur notre passé.

SOURCE MAROC HEBDO

ouvrages et films sur l’affaire mehdi benbarkalivresurmehdibenbarka.jpgfilmsurmehdibenbarka.jpg
Né en 1920 à Rabat dans une famille de petits fonctionnaires, Mehdi Ben Barka, professeur de mathématiques, fonde, en 1950, l’Union nationale des forces populaires (UNFP), principal parti de gauche opposé au régime. Exilé, il est condamné à mort par contumace en 1963 pour avoir pris position en faveur de l’Algérie contre le Maroc. Chargé d’organiser la participation des mouvements révolutionnaires du Tiers-monde à la conférence tricontinentale qui doit se réunir à La Havane prévue en 1966. Mais il est enlevé à Paris, le 29 octobre 1965, par des policiers français travaillant pour le compte du général Oufkir, chef de la police marocaine. Il a sans doute été assassiné dans les jours qui suivirent son enlèvement.mehdi1.jpg

Il y a 40 ans, l’opposant marocain Ben Barka

disparaissait en plein Paris

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Il y a quarante ans, le vendredi 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka, dirigeant de l’opposition marocaine en exil, et figure emblématique du mouvement anticolonialiste disparaissait en plein Paris, lors d’une opération menée par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français.

Cette affaire retentissante n’a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires : le corps de Ben Barka n’a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort n’ont pas été établies.

Ce vendredi-là, Mehdi Ben Barka, président de la Tricontinentale rassemblant des Etats qui viennent d’accéder à l’indépendance et des mouvements de libération, a rendez-vous devant la célèbre brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain, au coeur de Paris.

Il doit déjeuner avec un journaliste Philippe Bernier, le cinéaste Georges Franju qui envisage un film sur la décolonisation et Georges Figon, un repris de justice qui a organisé le rendez-vous.

Il est 12h15. Deux policiers de la brigade mondaine, Louis Souchon et Roger Voitot invitent Ben Barka à monter dans une voiture où se trouve Antoine Lopez, informateur du Sdece (devenu DGSE, services secrets).

Il est conduit à Fontenay-le-Vicomte, dans la région parisienne, dans la villa d’une figure du milieu, Georges Boucheseiche. Nul ne reverra vivant le principal dirigeant de l’Union des forces populaires du Maroc (UFPM), condamné à mort par contumace par la justice marocaine.

L’enquête judiciaire mène rapidement à des hommes politiques français, des policiers et des truands et fait apparaître que le général Mohamed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur, Ahmed Dlimi, directeur de la sûreté nationale marocaine, et un certain Chtouki, chef des brigades spéciales marocaines, se trouvaient alors à Paris.

En pleine campagne présidentielle -- le général de Gaulle sera élu deux mois plus tard face à François Mitterrand -- l’affaire suscite l’indignation de l’opposition. Le 22 février 1966, dans une conférence de presse, de Gaulle qualifie l’enlèvement d’opération qui « n’a rien que de vulgaire et de subalterne ».

Quelques semaines après l’enlèvement, Georges Figon affirme à L’Express avoir vu Oufkir tuer Ben Barka dans la villa.

L’instruction aboutit à l’inculpation de treize personnes dont Oufkir, Dlimi, Marcel Leroy-Finville, un cadre du SDECE, Lopez et Figon. Mais ce dernier est retrouvé mort le 17 janvier 1966 et l’enquête conclut à un suicide.

Un premier procès s’ouvre le 5 septembre 1966. Six accusés sont dans le box. Sept autres, dont Oufkir, Dlimi et Boucheseiche, font défaut. Dlimi se constitue prisonnier le dernier jour du procès mais Hassan II refuse que son ministre de l’Intérieur Oufkir comparaisse en France.

Un second procès s’ouvre le 17 avril 1967 en l’absence de la famille Ben Barka, retirée des débats après le décès de ses principaux avocats. Le 5 juin 1967 Dlimi et les protagonistes français sont acquittés, à l’exception de Lopez et Souchon, condamnés à huit et six ans de prison. Oufkir est condamné par contumace à la réclusion à perpétuité.

La condamnation par la justice française d’un ministre étranger en exercice, fait sans précédent dans le droit international, provoquera le gel des relations franco-marocaines pendant deux ans.

En novembre 1999, la famille de Ben Barka regagne le Maroc. Cinq ans plus tard, le secret défense est totalement levé en France sur les documents de l’affaire. Le 5 octobre 2005, le ministre marocain de la Justice désigne un juge d’instruction pour exécuter une commission rogatoire adressée au Maroc en septembre 2003, et renouvelée en mai 2005.

Un juge d’instruction français, Patrick Ramaël, doit se rendre fin novembre au Maroc. Avec PARIS (AFP)

vendredi 28 octobre 2005.

source :Al-Oufok

Témoignage à l’occasion du 40e anniversaire de sa disparition

Depuis la disparition d’un grand militant du tiers monde qui luttait contre l’humiliation des ressortissants des pays dit « nouvellement indépendants », nous avons assisté à un total manque total de respect pour les normes les plus élémentaires des droits de l’homme, de la part de plusieurs instances nationales et internationales. En cette triste occasion, mon témoignage est avant tout une marque de révolte contre un système international qui tolère des abus aussi flagrants.

Mehdi Ben Barka le pédagogue, par Mahdi ElmandjraJ’ai surtout connu Mehdi Ben Barka pendant sa période d’exil qui débuta en janvier 1960 car je me trouvais à Paris en tant que fonctionnaire international. Je le voyais souvent durant ses voyages en France mais pour la dernière fois, ce fut en octobre 1965 quelques jours seulement avant sa disparition. Je ne manquais pas non plus de lui rendre visite à Chambésy quand je me trouvais à Genève pour des conférences internationales.

La date du 29 octobre est celle d’un jour de mémoire et de recueillement pour tous les défenseurs de la liberté et les militants de la décolonisation. Mehdi Ben Barka avait très vite compris que les indépendances des pays du tiers monde n’étaient qu’une fragile escale d’un très long parcours.
Il était également conscient du fait que le prix de la libération nécessite une intense coopération Sud-Sud ainsi que le cumul d’une masse critique capable d’endiguer un impérialisme rapace qui n’avait quitté les lieux qu’en apparence pour mieux s’y incruster. C’est pour cela qu’il consacra une très grande partie de ses efforts à la promotion de l’unité des pays africains comme étape essentielle à la collaboration entre les pays du Sud.

Ancien professeur de mathématiques et pédagogue réputé, il accordait une importance primordiale à l’éducation comme facteur de progrès et de libération. Il avait l’intention de publier une revue africaine qu’il envisageait en tant « qu’instrument d’orientation et de clarification » car, selon ses propres paroles, il était parvenu à deux conclusions :

« Premièrement, que l’union politique est actuellement impossible à cause des séquelles du colonialisme traditionnel ; et deuxièmement, que l’union est possible et essentielle dans le domaine économique par rapport à l’aide étrangère et au commerce. »

Mehdi Ben Barka était un homme d’une très grande culture et d’une vivacité d’esprit hors du commun ; il maîtrisait plusieurs langues et assimilait sans difficultés les valeurs des autres civilisations sans perdre les siennes. Ces qualités lui facilitaient la communication et la conviction de ses interlocuteurs.

La lutte contre le colonialisme et l’impérialisme, d’une part, et la mise en valeur politique des rôles de l’éducation et de la pédagogie de la libération, d’autre part, furent les axes principaux de son action. Une action qui commençait à donner des résultats surtout vue la reconnaissance de son militantisme en Afrique et son rôle primordial en tant que Président du Comite Préparatoire International de la conférence de la Tricontinentale qui s’etait tenue à la Havane en janvier 1966 trois mois après son assassinat. Cette synchronisation donne à réfléchir.

Il faut relire le discours qu’il a prononcé à la réunion préparatoire qui s’est tenue en septembre 1964 à Moshi au Tanganyika pour comprendre la vision à long terme de cet homme, les finalités et les objectifs qu’il attribuait au mouvement de solidarité des pays du tiers monde. Fidel Castro, à la clôture de la Conférence de la Tricontinentale, le 16 janvier 1966 avait declaré,

« Nous voulons reconnaître que Ben Barka, avec sa constance et son travail personnel, a joué un rôle décisif, dans l’organisation de cette première Conférence Tricontinentale. Son effort et son travail étaient la cause de ce qu’il lui est arrivé. Il y a un accord général que Ben Barka a été cruellement et lâchement assassiné. Cette conférence de solidarité a le devoir élémentaire, de témoigner dans la loyauté, du dévouement avec lequel il a travaillé pour son succès et devra exiger que cet assassinat fasse l’objet d’un examen et que les assassins soient sanctionnés.»

Ben Barka a payé de sa vie son militantisme efficace, sa détermination dans la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme que l’on ne pouvait pas récupérer, une connaissance de la problématique des relations Nord-Sud et Sud-Sud avec des données précises, une foi inébranlable dans la solidarité entre les pays du tiers monde et une maîtrise de l’environnement international qui conditionnait cette démarche.

Sa pédagogie de la libération fait école à ce jour. Il dérangeait de plus en plus les dirigeants qui s’accrochaient à l’ancien colonisateur pour se maintenir au pouvoir et il dévoilait d’une manière convaincante les desseins des impérialistes. Cette pédagogie de la remise en question des politiques en vigueur a très probablement été une des causes du complot international qui a abouti à son enlèvement.

La manifestation de ce jour, celle du 40e anniversaire de son assassinat nous permet de partager la douleur de ses proches, de sa femme Rhita et de ses enfants Bachir, Fawz, Mansour et Saad qui ont vécu et continuent de vivre un calvaire. Ils ont fait de la quête de la vérité et de la défense de la mémoire leur préoccupation majeure. Toute notre compassion et nos pensées sont avec eux.

Le 29 octobre devrait être célébré tous les ans à travers le monde comme la Journée de la Mémoire. La mémoire est une des clés du développement et du progrès car elle facilite le cumul des expériences et des leçons que l’on en tire. Elle limite les dangers de l’amnésie et l’inconscience de ceux qui parlent de « tourner la page ». Mais pour tourner une page il faut d’abord l’avoir lue attentivement en parvenant aux conclusions qui s’imposent avant d’entamer la page suivante. La page de la disparition de Mehdi Ben Barka ne pourra être tournée que lorsque les responsables auront été identifiés et que la justice se sera prononcée.

Même quarante ans après sa disparition le nom de Mehdi Ben Barka résonne encore chez tous les Marocains et chez un nombre incalculable de ceux qui connaissent la souffrance et les humiliations du postcolonialisme et de l’impérialisme. Mehdi, tu es toujours présent et bien proche de tous ceux qui combattent pour la liberté et la libération. Beaucoup se demandent ce que tu penserais, si tu étais encore là, de :

* la situation internationale en général;
* l’hégémonie américaine et de ses guerres par proxy qui font des centaines de milliers de victimes ;
* l’alignement méthodique des « non-alignés » avec les puissances occidentales;
* la désagrégation de l’Afrique et son appauvrissement ;
* du morcellement du monde arabe et l’asservissement de ses dirigeants corrompus;
* du drame Palestinien où la spoliation des terres s’amplifie et où la liste des victimes augmente sans fin;
* de l’occupation barbare de l’Irak que l’on détruit et divise sans pudeur au grand jour en violation des règles les plus élémentaires du droit international avec l’indigne complicité des pays voisins;
* de la faillite du projet du Grand Maghreb qui était un de tes rêves ;
* du développement du sous-développement de ton pays qui souffre actuellement du forfait de l’Etat, de la vente de ses biens en solde, d’une absence de démocratie véritable, d’énormes inégalités économiques et sociales, d’une floraison de la corruption, de l’opportunisme d’une partie non négligeable de son élite et d’une aliénation culturelle pour ne mentionner que ces maux. Des maux dont le Maroc n’a pas le monopole mais qui caractérisent la quasi majorité des pays du Tiers Monde. Un tiers-monde à la dérive.

Jusqu’à quand cette dérive Mehdi ?

La recherche de réponses virtuelles, en ton nom, à ces questions serait peut-être la meilleure manière de commémorer ton absence à travers une présence continue de tes idées qui sont plus pertinentes que jamais et que l’on honore aujourd’hui.

Mahdi Elmandjra
Professeur à l’université Mohamed V, Rabat
http://www.elmandjra.org
Copyright Yabiladi.com

A la 41e année de sa disparition : Du nouveau dans le dossier Benbarka

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Le 29 octobre 1965, Mehdi Benbarka, leader de l¹UNFP, a été enlevé en plein Paris. Cela fait donc 41 ans que le dossier relatif à sa disparition est ouvert sans que l¹on puisse avoir de nouvelles précises sur le sort qui lui a été réservé par ses ravisseurs, sachant qu¹un certain nombre d¹informations (cruciales ?) continuent à bénéficier, en France, de l¹estampille «Secret Défense».
Dernièrement, la chaîne de télévision France 3 a affirmé qu¹une commission rogatoire délivrée par le juge d¹instruction français Patrick Ramaël invite les autorités marocaines à entendre trois témoins qui sont Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, déjà condamné en 1967 par contumace en France, Boubker El Hassouni (qui aurait drogué Benbarka lors de son enlèvement) et le général de corps d¹armée Housni Benslimane. Une demande de fouilles aurait été également adressée aux autorités marocaines sur le site dénommé PF3 (Point fixe 3).
Rappelons que des organisations des droits de l¹homme ont appelé à un sit-in ce dimanche à 18 h devant le siège du parlement en commémoration de la «Journée nationale du disparu».

SOURCE AL BAYANE (10/29/2006)

La vérité sur la « disparition » au Maroc de Mehdi Ben Barka ..

Loin d’être une « affaire franco-française », comme l’avait prétendu le roi Hassan II, la disparition de Mehdi Ben Barka fut un véritable assassinat perpétré en France par les hommes de main du souverain. Le corps de l’opposant, rapatrié au centre de torture de Rabat, fut plongé et dissous dans une cuve d’acide. Trois des truands français qui avaient participé à l’enlèvement furent assassinés au Maroc.

Hassan II au volant, Mehdi Ben Barka, son passager : aux temps heureux du début des années 1960, quand le roi et son ancien professeur de mathématiques faisaient route ensemble.
 

Hassan II au volant, Mehdi Ben Barka, son passager : aux temps heureux du début des années 1960, quand le roi et son ancien professeur de mathématiques faisaient route ensemble.

LE premier étranger à savoir que le corps de Mehdi Ben Barka allait être transporté au Maroc était un Américain, agent de la CIA, le « colonel Martin ». Le matin du 30 octobre 1965, quelques heures seulement après la mort sous la torture, dans une villa au sud de Paris, du chef de file de la gauche marocaine, le colonel Martin s’est rendu au siège du « Cab 1″, à Rabat. C’était la routine. Depuis cinq ans déjà, lui et ses deux collègues, « Scott » et « Steve », de la CIA, tous détachés pour une mission d’instruction, assistaient les services spéciaux marocains. Parlant couramment le français et l’arabe, le colonel Martin était affecté au département de la « contre-subversion », de loin le plus important. En arrivant ce samedi au bureau, vers 8 heures, comme à son habitude, il se penche longuement sur le registre de la permanence que tient Ahmed Boukhari. Les deux hommes se connaissent bien. D’ordinaire, ils travaillent tous les matins ensemble, pour tenir à jour les archives du service, classer des documents, exploiter des dossiers. L’Américain lit et relit les messages consignés. Tout lui est ouvert mais, règle de base du métier, il ne pose pas de question. D’ailleurs, il a déjà compris que l’opération spéciale en cours depuis sept mois, pour ramener de force au pays Mehdi Ben Barka, a mal tourné. La dernière communication répertoriée remonte au petit matin. A 5 heures, soit 6;heures à Paris en raison du décalage horaire, le chef du département « contre-subversion », Mohamed Achaachi, qui se trouve dans la capitale française, a appelé pour faire mettre en état d’alerte l’infirmier de service, « H’Mida » Ajdaïn. Or, obéissant à de précédentes instructions, celui-ci a déjà passé la nuit à attendre à l’aéroport. Rappelé au bureau, il s’y est installé sur un lit de camp. Les ordres contradictoires sont de mauvais augure.

 

Après une matinée étale, sans nouvelles, l’agent américain part déjeuner mais, fait inhabituel, revient dans l’après-midi. Il discute alors avec Ahmed Boukhari, trois heures tapantes, de la situation politique au Maghreb, du récent coup d’Etat en Algérie qui, le 19 juin, a porté au pouvoir le colonel Houari Boumediène. La patience de l’Américain sera récompensée. A 18;heures, Mohamed Achaachi rappelle. Il demande à ce que l’infirmier soit à l’aéroport à partir de 2;heures du matin, annonçant que l’avion militaire spécialement mis à disposition du « Cab 1″ pour cette opération atterrira dans la nuit à Rabat avec le « colis » à bord. Ahmed Boukhari relève que, cette fois-ci, son chef n’a plus insisté pour que « H’Mida » emporte sa trousse d’infirmier. Il le fait remarquer au colonel Martin. Leurs regards se croisent, c’est l’évidence : Mehdi Ben Barka est mort. Ils ne savent pas encore comment. Mais ils se demandent tous les deux comment un cadavre aussi voyant pourra quitter en catimini la France, ce qui adviendra d’Achaachi et des autres agents sur le sol français, combien de temps on pourra étouffer le scandale… Où sont donc passés le commandant Dlimi et le général Oufkir, les chefs du « Cab 1″? Il y a fort à parier qu’en quittant Ahmed Boukhari le colonel Martin, qui avait accès à Hassan II, n’a pas mis longtemps à trouver réponse à ces questions. Et à informer sa « centrale ». On comprend dès lors pourquoi la CIA, malgré le Freedom of Information Act qui l’y oblige normalement, refuse depuis 1976 de rendre publiques ses quelque 3 000 fiches ayant trait à l’affaire Ben Barka.

 

Pour le standardiste, à Rabat, la nuit du samedi 30 au dimanche 31;octobre est longue. Après l’appel de 18 heures, plus rien. Simplement, avant de se rendre à l’aéroport, vers 1 h 30, l’infirmier passe la tête par la porte pour savoir s’il y a de « nouvelles instructions ». Ce n’est pas le cas. Paris n’appelle plus, alors que les radios françaises, très écoutées au Maroc, divulguent toutes la nouvelle de « l’enlèvement » de Mehdi Ben Barka. Vers 8 heures du matin, bien que ce soit un dimanche, le colonel Martin passe au bureau et s’enquiert de l’avion attendu. Il a à peine posé la question que l’infirmier Ahmed Ajdaïn appelle de l’aéroport Rabat-Salé. L’avion militaire est arrivé depuis deux heures déjà, avec le « colis », accompagné de Miloud Tounzi et de Boubker Hassouni, l’infirmier du « Cab 1″ qui avait été envoyé à Paris. Tous se trouvent à présent au « PF » et attendent des instructions. Le « point fixe » en question est le Dar-el-Mokri, l’ancienne demeure d’un vizir transformée en centre de tortures et de détention. Situé sur la route des Zaërs, l’axe de sortie au sud-est de Rabat, c’est un palais dantesque de la répression.

 

Le prochain appel que reçoit Ahmed Boukhari émane du chef adjoint du « Cab1″, le commandant Ahmed Dlimi. Celui-ci veut avoir confirmation de l’arrivée de l’avion militaire. L’ayant obtenue, il fait transmettre aux trois agents se trouvant au « PF » -- Miloud Tounzi et les deux infirmiers, Ajdaïn et Hassouni -- l’ordre de rester sur place « en attendant de nouvelles instructions ». Dlimi a dû arriver à Casablanca. Il a pris un vol régulier à Orly à 9 h 35, soit 8 h 35, heure du Maroc. Rentré au royaume, il multiplie les coups de fil. Après avoir répercuté les consignes de son supérieur au « PF », Ahmed Boukhari note le passage en coup de vent du commissaire Mohamed Nouini. D’habitude plutôt bavard, celui-ci se précipite dehors, sans mot dire, chargé d’une caméra, d’un appareil photo et de projecteurs. Ahmed Boukhari apprendra ultérieurement que son collègue des « opérations techniques » a complété l’équipe au Dar-el-Mokri. Dans l’immédiat, il a d’autres soucis : inquiétés par les nouvelles en provenance de Paris, les parents des agents en opération dans la capitale française défilent dans son bureau. Toute la journée, on le supplie de donner de leurs nouvelles. Or il n’en a pas. Même le colonel Martin est aux cent coups et reste à ses côtés. Le soir, les épouses Mesnaoui et Saka ferment le ban. Si la première ne sait rien, c’est mauvais signe : elle travaille au secrétariat particulier du général Oufkir, ministre de l’intérieur, directeur de la Sûreté nationale et chef du « Cab 1″…

 

Le dimanche 31 octobre, Mohamed Oufkir est à Genève. Le général s’est envolé de Paris le matin, une heure et demie avant Dlimi. A ce moment-là, le cadavre de Mehdi Ben Barka avait déjà quitté le sol

 

français, en route pour le Maroc.

 


 

Pas de crime sans corpus delicti… Celui-ci a transité par Ormoy, par la villa d’Antoine Lopez, qui a aperçu à 2 heures du matin une limousine diplomatique depuis la fenêtre de sa chambre. C’est l’homme des services à l’ambassade du Maroc à Paris, Mohamed Doumou, qui a fourni le moyen de transport jusqu’à Orly. A bord de cette voiture se trouvaient, outre le corps de l’opposant assassiné, Miloud Tounzi et Boubker Hassouni. Grâce à des complicités françaises qui échappaient à l’horizon des agents de base du « Cab1″, la voiture a pu entrer dans l’enceinte de l’aéroport, stationner sur le tarmac au côté de l’avion militaire marocain, le temps de transborder le « colis ». C’est alors, dans la connivence entre services, sinon entre hommes politiques de l’ex-métropole et de l’ancien protectorat, que s’est noué le pacte secret de l’ »affaire Ben Barka »: parce que le crime d’Etat perpétré par le Maroc sur le sol français est devenu crime d’Etats, au pluriel, impliquant la France.La suite, sordide, se joue au Dar-el-Mokri, à Rabat. Le centre de tortures dispose, depuis fin 1961 déjà, d’un dispositif sophistiqué pour faire disparaître les corps des victimes. « Il s’agit d’un grand chaudron en acier inoxydable d’une épaisseur de 5 mm, d’un diamètre de 2,5 m, d’une hauteur de 1,5 m, avec fond bombé, avec un couvercle également bombé d’une épaisseur de 3 mm articulé, avec une vanne de vidange fixée très bas sur le fond, avec une ceinture tubulaire comme poignée circulaire et des tétons tubulaires d’un diamètre de 60 mm et d’une longueur de 10 cm pour être fixée sur les tétons mâles d’un diamètre de 50 mm, soudés sur le châssis qui est scellé au sol. » La description est d’Ahmed Boukhari. Fils d’un entrepreneur de construction mécanique, c’est lui qui avait été chargé par le colonel Martin de faire construire cette cuve de dissolution, à partir d’un croquis de l’agent américain.

 

Ce dernier lui avait expliqué qu’un tel scaphandre de la mort avait été d’usage, dans les années 1950, en Iran, où il avait été en poste précédemment. Non sans mal, en raison de l’épaisseur inhabituelle de l’acier, Ahmed Boukhari avait trouvé une société locale qui puisse exécuter la commande, la SCIF, à Casablanca, fournisseur de chaudronnerie à l’Office national des chemins de fer. Il a fallu près de six mois pour mener à terme le projet. Ahmed Boukhari se souvient d’avoir travaillé avec deux responsables techniques de la SCIF, de nationalité française, les ingénieurs Dutrieux et Moucelin. Il est même retourné, en 1990, au siège de la société, qui existait toujours. Le nouveau responsable, un certain Driss Ghazani, avait alors retrouvé le dossier de la commande, vieux de quarante ans, tout en précisant qu’il n’avait « pas le temps de refaire ça ».

 

EN 1961, le bon de commande avait été établi pour le compte de l’hôtel-bar Le Sphinx, à Mohammedia, au nord de Casablanca. Cette maison close, à l’époque réputée être la meilleure du Maroc, avec une vingtaine de filles, pour la plupart des Européennes, était gérée jusqu’en 1964 par un Franco-Israélien, M. Zurita, puis par Georges Boucheseiche. Selon Ahmed Boukhari, entre 1961 et 1967, des « dizaines de cadavres d’opposants », morts au Dar-el-Mokri, ont disparu grâce à la cuve de la SCIF. Pour servir, celle-ci était remplie, « au tiers environ », d’un acide venant à bout de tout, « même de gros os comme le fémur ». L’acide était stocké dans des bidons sans étiquette indiquant la nature du produit, son fabricant ou le pays d’origine. Deux agents munis de masques à gaz, de gants et de combinaisons spéciales étaient préposés au remplissage de la cuve, un travail dangereux qui prenait plusieurs heures : Guerrouani Bennacer et Rayhane Maati, tous deux du département opérations techniques du « Cab1″.

 

Le dimanche 31 octobre 1965, le corps de Mehdi Ben Barka repose sur un brancard dans la cour du Dar-el-Mokri. L’opposant marocain, l’espoir de toute une génération, est habillé de pied en cap. On lui a même remis l’accoutrement qu’il s’était choisi à Paris, un chapeau et des lunettes noires. Le « Cab 1″ gardera dans ses archives une série de photos… En revanche, la seule copie du film tourné lors de l’immersion dans la cuve de Mehdi Ben Barka aurait été remise au roi par Ahmed Dlimi. Outre le chef adjoint du « Cab 1″, quatre agents assistent à la macabre scène : Miloud Tounzi, alias « Chtouki », Mohamed Nouini et les deux infirmiers, Boubker Hassouni et « H’Mida » Ajdaïn. Enveloppée dans un sac en plastique noir, la dépouille de Mehdi Ben Barka est hissée à hauteur du bas de la cuve, scellée dans le sol. Puis, on la fait glisser à l’intérieur, avant de refermer et de « souder » le couvercle. Environ cinquante heures seulement après le crime, sa victime disparaît et, avec elle, la meilleure preuve de l’assassinat perpétré en France.

 

Dès lors, le roi Hassan II peut rejeter sa mise en accusation en déclarant que la mystérieuse disparition à Paris de son principal opposant est une « affaire franco-française ». Il reste à ramener au Maroc les agents secrets du « Cab 1″,de même que les témoins et comparses du crime. Pour les agents, un ordre suffit. Ils prennent des vols vers différentes destinations pour rentrer à Rabat par des chemins détournés.

 

Faisant preuve d’un grand sang-froid, le seul d’entre eux à être descendu dans un hôtel parisien sous sa vraie identité, comme « fonctionnaire » marocain, Abdelhak Achaachi, part, lui, sur un vol direct. Le 5 novembre, « l’élégant policier aux cigares bagués du Dar-el-Mokri », comme il a été décrit par l’opposant Moumen Diouri, un rescapé du centre de tortures, prend le même avion que le diplomate français Philippe Malaud, dépêché par le général de Gaulle auprès de Hassan II pour une explication qu’on s’imagine surréaliste… Pour sa part, ayant assisté à la fin de Mehdi Ben Barka, Georges Boucheseiche est parti au royaume dès le lundi 1er novembre, sur le vol de 9 h 40. On ne sait s’il a été volontaire mais, de toutes les façons, il n’avait pas le choix : Marie-Louise, sa femme, est otage au Maroc. Les autres truands français préfèrent d’abord se cacher en France, de même que le fils de famille Georges Figon, l’intellectuel de la bande. Ce dernier, sept jours après avoir fait paraître dans L’Express, le 10 janvier 1966, un récit de la mise à mort de Ben Barka qui désigne le général Oufkir comme son assassin, meurt à son tour, dans des circonstances jamais vraiment élucidées : encerclé par la police, rue des Renaudes, à Paris, il se « suicide », selon la version officielle.

 

C’est seulement ensuite, au terme de plus de deux mois de cavale, que les trois truands restés sur le sol français -- Jean Palisse, Pierre Dubail, Julien Le Ny -- partent pour le Maroc, Jean Palisse avec un nouveau passeport délivré par la Préfecture de police de Paris… « Je puis vous assurer que la justice française exercera son action avec la plus grande rigueur et la plus grande diligence », écrit le général de Gaulle à Fattouma Ben Barka, qui s’est adressée à lui par l’intermédiaire de son avocat. Dès le 13 novembre 1965, une première commission rogatoire a été adressée au Maroc. Ce ne sera pas la dernière. Or jusqu’à la fin du long règne de Hassan II, en juillet 1999, la raison d’Etat prime sur l’état de droit. L’épilogue judiciaire en France en est la meilleure illustration. Un premier procès prend fin le 19 octobre 1966, quand, à la surprise générale, le commandant Ahmed Dlimi, discrètement arrivé la veille, se constitue prisonnier dans la cour du Palais de justice à Paris. « Je suis venu laver l’honneur de mon pays et le mien », déclare l’officier qui revendique une « initiative personnelle ». Le roi, pour le principe, lui inflige cent vingt jours d’arrêt de rigueur mais, pour le panache, l’élève sur le champ au grade de colonel… Au terme d’une nouvelle instruction, un second procès débouche, le 5 juin 1967, sur un verdict sans cohérence, éclipsé par la guerre des six-jours qui vient d’éclater. Les accusés présents dans le box sont acquittés, sauf Antoine Lopez et le commissaire Souchon, condamnés respectivement à huit et six ans de prison. Les absents -- Oufkir, les truands et « Chtouki », dont l’identité n’est pas établie -- sont condamnés à la prison à vie. « Si Oufkir était coupable, Dlimi l’était aussi »,« Inversement, l’acquittement de Dlimi vidait la condamnation d’Oufkir de sa substance. En accablant Oufkir, la justice sauvait les apparences de l’honneur ; en acquittant Dlimi, elle préservait l’avenir des relations franco-marocaines. » commentera Gilles Perrault.

 

Pendant neuf ans, la présence au Maroc des truands condamnés en France à la réclusion perpétuelle ne trouble pas les relations entre Paris et Rabat. Nuit et jour, surveillés par quatre équipes constituées chacune par trois policiers, les truands français vivent au royaume « libres comme l’oiseau dans sa cage ». L’expression est d’Ahmed Boukhari, qui, dans les années suivant le meurtre de Mehdi Ben Barka, joue parfois le percepteur auprès de Boucheseiche, Dubail, Le Ny et Palisse. Ceux-ci exploitent quatre maisons closes sur la côte atlantique, le Bel Abri et La Route de Casa, tous deux à Rabat, Le Sphinx à Mohammedia et Le Grand Hôtel à Casablanca. Ils reversent la moitié de leurs recettes au « Cab 1″. Leurs femmes les rejoignent au Maroc, y vivent avec eux, par périodes ou en permanence. Elles révéleront ces faits, en 1976, au juge d’instruction parisien Louis Zollinger, alors chargé du dossier. A cette date, elles n’ont plus rien à perdre. Leurs hommes sont morts, leurs « affaires » ont été confisquées, elles-mêmes ont été expulsées du Maroc. Arrêtés dès mars 1971, « Bonnebouche », Dubail et Le Ny ont été détenus, d’abord, sur une ferme appartenant au colonel Dlimi, à Fouarat, près de Kenitra ; puis au Dar-el-Mokri, d’où ils disparaissent en avril 1974 pour ne revenir que morts : Boucheseiche le 29 octobre 1974, date anniversaire de l’enlèvement de Ben Barka ; Le Ny le 14 novembre, Dubail deux jours plus tard.

 

Et Jean Palisse ? Grand cardiaque, il est gardé pendant des années alité chez lui, ou à l’hôpital. En 1972, juste après sa sortie de prison, Antoine Lopez affirme l’avoir retrouvé au Maroc. « Tu veux mourir en France ? », lui demande-t-il alors. « Oui, je veux bien rentrer », lui répond « le Palois ». Lopez se rend à l’ambassade de France à Rabat, y est reçu par le conseiller qu’il a repéré comme étant l’agent du Sdece. « Je vais vous amener Palisse pour qu’il soit extradé en France. » « Comment êtes-vous arrivé au Maroc ? », lui rétorque le conseiller, sans évoquer l’éventualité d’un retour en France de Palisse, qui fait pourtant l’objet d’un mandat d’arrêt international. « Via Ceuta, pourquoi ? »,répond Lopez, désarçonné. « Alors, retournez-y le plus vite possible. Rentrez en France et n’en parlez à personne. »Jean Palisse meurt, de maladie, en mars 1976, selon une source, en septembre 1979, selon une autre. La France pouvait-elle ignorer que les quatre truands de l’affaire Ben Barka vivaient au Maroc, qui propriétaire d’hôtel, qui tenancier de cabaret ? Si elle le savait, elle n’a jamais cherché à savoir comment trois citoyens français ont été assassinés au royaume de Hassan II. Les truands français ont fait les frais de la montée en puissance du colonel Dlimi au détriment du général Oufkir.

 

Ce dernier finit par être abattu au palais de Skhirat -- probablement par Dlimi, en présence du roi -- après l’échec de son coup d’Etat, en août 1972. Le nouveau numéro deux du royaume se débarrasse alors définitivement des témoins gênants de l’assassinat de Mehdi Ben Barka. Parallèlement, il supplante puis dissout, en 1973, le « Cab 1″. Ahmed Boukhari est ses collègues sont reclassés au sein de la Sûreté nationale ou des deux nouveaux services, la direction de la surveillance du territoire (DST) et la direction générale d’études et de documentation (DGED).

 

Après l’affaire Ben Barka, leur chef, Mohamed Achaachi, n’avait plus jamais adressé la parole ni à Oufkir ni à Dlimi. Mais, à ce jour, il n’y a jamais eu de rupture entre les défenseurs successifs du trône. Décoré par Hassan II, en 1966 et 1973, l’homme aux yeux clairs, marié et père d’enfants, a pris sa retraite en 1998. Il habite aujourd’hui à Rabat, dans le quartier Souissi. Avec ses anciens subordonnés, Saka et Mesnaoui, ils se retrouvent entre voisins à la plage de Temara. La confession d’Ahmed Boukhari les obligera-t-elle à répondre aux questions de la justice française ?

 

pour « Le Journal », Aboubakr Jamaï et Ali

 

LE MONDE | 30.06.01 | 11h53

 


 

MIS A JOUR LE 30.06.01 | 17h37

ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 01.07.01


SOURCE lemonde.gif

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France
Mehdi Ben Barka, quarante ans après

 

Mehdi Ben Barka lors d’une conférence de presse, en janvier 1959, à Casablanca.
(Photo : AFP)
Une place Ben Barka, un film, mais aussi un juge d’instruction pour relancer l’enquête, marquent la disparition, à Paris, le 29 octobre 1965, du professeur Mehdi Ben Barka, intellectuel et homme politique, figure de proue de l’opposition marocaine et du mouvement anticolonialiste.

 

L’affiche du film «J’ai vu tuer Ben Barka» de Serge Le Péron.

 

Le 29 octobre 1965, le professeur marocain Mehdi Ben Barka, figure intellectuelle et politique du mouvement anticolonialiste, était enlevé en plein cœur de Paris, à Saint-Germain-des-Prés, devant la brasserie Lipp où il devait déjeuner avec le cinéaste Georges Franju. Ce dernier projetait de tourner un documentaire sur la décolonisation avec le président de la Tricontinentale qui rassemblait à l’époque les Etats nouvellement indépendants. Un repris de justice français, visiblement commandité par les services marocains et leurs relais en France, Georges Figon s’était entremis auprès de Georges Franju pour lui suggérer un rendez-vous avec Mehdi Ben Barka, l’un des pères du parti marocain de l’indépendance, l’Istiqlal, fondateur du parti de l’Union nationale des forces populaires, condamné à mort par contumace par le Maroc du roi Hassan II pour des raisons politiques.
«Devant la brasserie Lipp, deux policiers l’interceptent, Mehdi Ben Barka se retrouve dans la villa d’un truand français, Georges Boucheseiche…»
Mouna El Banna
Journaliste à RFI [29/10/2005] 1 min 16 sec
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Quarante ans après, l’affaire Ben Barka n’est pas totalement élucidée, malgré deux instructions judiciaires. Le corps du nationaliste marocain n’a jamais été rendu à sa famille. Les circonstances de sa mort n’ont pas été établies. Conduite dans une France en pleine campagne présidentielle du général de Gaulle (face au candidat socialiste François Mitterrand), l’enquête judiciaire a mené rapidement à des hommes politiques, des policiers et des truands français. Elle a aussi révélé la présence à Paris, au moment des faits du ministre marocain de l’Intérieur de l’époque, le général Mohamed Oufkir, du directeur de la sûreté nationale marocaine, Ahmed Dlimi, ou même du chef des brigades spéciales marocaines, un certain Chtouki.
Ouvert le 5 septembre 1966, un premier procès voit le banc des accusés vidé de moitié, pour cause de «suicide» ou de protection du Maroc où le roi Hassan II refuse la comparution d’Oufkir en France. Un second procès, ouvert le 17 avril 1967 en l’absence de la famille Ben Barka, se solde par une rafale d’acquittements, la condamnation d’Oufkir par contumace, la réclusion à perpétuité, gelant les relations franco-marocaines pendant deux ans. En 2003, le secret défense levé en France, la famille Ben Barka relance l’affaire. Après avoir ignoré deux commissions rogatoires de la justice française en 2003 et mai 2005, le ministre marocain de la Justice a désigné un juge d’instruction, le 5 octobre 2005. Il devrait recevoir son homologue français dans les semaines à venir. Mais pour Bachir, le fils aîné de Mehdi Ben Barka, «la responsabilité politique de l’acte criminel, qui a abouti à la mort de mon père, émane du plus haut niveau de l’Etat marocain», à savoir feu le roi Hassan II.
«On en est aux mêmes questions sans réponses…»
Bachir Ben Barka
Le fils aîné de Mehdi Ben Barka [29/10/2005] 5 min 29 sec
Real
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Abusé par le malfrat Georges Figon, le cinéaste Georges Franju n’a jamais tourné le documentaire qui servit d’appât au cinéphile engagé Mehdi Ben Barka. Mercredi sort dans les salles françaises un film au scénario de polar mais non moins réaliste, «J’ai vu tuer Ben Barka» tourné par le cinéaste Serge Le Péron, à partir du récit de l’escroc Georges Figon. Lundi, le maire de Paris, Bertrand Delanoë va dévoiler la plaque d’une nouvelle place Mehdi-Ben-Barka, tout près du lieu de l’enlèvement. L’inscription à sa mémoire indiquera «Mehdi Ben Barka, homme politique marocain -- 1920-1965».

Article publié le 29/10/2005 Dernière mise à jour le 29/10/2005 à 14:32 TU

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BEN BARKA, Mehdi

Mehdi Ben Barka (1920-1965) est une figure historique du mouvement national marocain. Il était un des dirigeants les plus jeunes de l’Istiqlal, le parti qui a mené le Maroc à l’indépendance. Il a également été président de l’Assemblée Consultative du Maroc de 1956 à 1959. Au sein de l’Istiqlal, il était à la tête d’une faction de gauche opposée au leadership traditionnel. En 1959, il fait sécession et fonde l’Union Nationale des Forces Populaires. Il était politiquement proche d’Abderrahman Youssoufi, l’actuel Premier Ministre marocain.

Accusé de complot et d’actes de subversion, il part en exil en France. En 1963-64, il est jugé et condamné à mort par contumace par les autorités marocaines (le Roi Hassan II lui accordait ultérieurement son pardon). En octobre 1965, Ben Barka disparaît en France. Il est généralement admis qu’il a été enlevé et assassiné par les services secrets marocains. Son corps n’a jamais été retrouvé.

En janvier 1966, la France a lancé un mandat d’arrêt à l’encontre de Mohammed Oufkir, le ministre marocain de l’Intérieur et chef des Services Secrets. Un procès a ensuite eu lieu (1966-1967) à l’issue duquel Oufkir était condamné par défaut à la réclusion à perpétuité. Oufkir disparaît en 1972: instigateur d’un putsch manqué contre le roi, il est convoqué au palais où il se serait donné la mort selon la version officielle.

L’ »Affaire Ben Barka » a provoqué une crise grave dans les relations franco-marocaines pendant plusieurs années, du moins jusqu’à la retraite du Général de Gaulle et l’élection à la présidence française de Georges Pompidou.

Le scandal n’a jamais été mentionné officielment au Maroc. des révélations d’un ancien membre des Services de rensignement marocains publiées dans le journaux français et marocains en juin 2001 ont relancé l’affaire et ont confirmé que le Ministre de l’Interieur de l’époque, mohammed Oufqir était directement responsable de la mort de Ben Barka. Après lerepatriament du corps de Ben Barka, il avait été disous dans un bain d’acide sur ordre d’Oufqir. Des associations des Droits de l’Homme onr demandé une enquête judiciaire pour clarifier la disparition de Ben Barka et des centaines d’autres militants d’opposition.

source : medea

(octobre 2001)

 

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8 Réponses à “special Mehdi Benbarka”

  1. Mehdi Benbarka »Hassan2 est innocent », Un dossier à jamais fermé…
    Les journalistes Marocains et surtout ceux de la presse libre s’acharnent sur le régime marocains en l’impliquant directement dans l’affire Mehdi Benbarka oubliant la citation des sages qui dit: »quand t-ils ont inventé le mensonge on a inventé l’histoire »la question du mensonge. … Le mensonge paraît répréhensible en tant qu’énoncé et non comme acte : mentir pour obtenir quelque … pire que le demander  » normalement « . Mais le mensonge n’est pas seulement un …acte mais un crime contre tout une nation…et voila des question pour nos journalistes…vous savez que ben barka avait disparu le 29 octobre 1965, en plein Paris. Cette affaire retentissante, impliquant autorités marocaines et policiers français, qui y avait contribué ..mais la verité et c’est le contraire car en 1965 les services secrets du Maroc étaient incapable ni par compétances qui lui manquaient surement car le pays était à peine sortie du regime coloniale et ses services n’avaient meme pas les moyens ni l’experience dans le domaine car le service secret du Maroc se baser dans le temps sur une simple politique celle du batton et la carotte (sans autre compétance, et ses agents profite du manque d’impunité ) alors ils étaient imcapable de mener une assez grande opération en françe …c’est vraie que les mains marocaines étaient presente d’une façon claire et stupide comme si tout est organiser pour les montrer du doits?
    On voulait surement se débarasser de Mehdi benbarka en collant l’affaire au Maroc et son régime…comme les hommes dont les noms étaient cité au PV des juges étaient indignes de confiance même du roi Hassan2 et que meme certains d’eux a voulu renversser le régime car ils se croyaient protéger par des puissances étrangères et mê^me si dans la verssion ont trouve le suivant’
    ( Le plus illustre opposant marocain en exil, Mehdi Ben Barka, dont la famille vient d’obtenir des papiers pour pouvoir enfin retourner au Maroc, avait disparu le 29 octobre 1965, en plein Paris. Cette affaire retentissante, impliquant autorités marocaines et policiers français, avait contribué à ternir le règne du roi Hassan II, décédé en juillet dernier. Celle-ci n’a jamais été totalement élucidée, malgré deux instructions judiciaires en France. Ce vendredi-là, Mehdi Ben Barka a rendez-vous devant la brasserie Lipp, Boulevard Saint-Germain à Paris, avec un journaliste et un cinéaste, qui envisagent un film sur la décolonisation. Il est 12h15. Deux policiers de la brigade mondaine, Louis Souchon et Roger Voitot, exhibant leur carte, invitent Ben Barka à monter à bord d’une voiture, où se trouve également Antoine Lopez, un agent des services du contre-espionnage français. Il est conduit à Fontenay-le-Vicomte (Essonne), dans la villa d’une figure du milieu, Georges Boucheseiche. Dès lors, on perd sa trace. Nul ne reverra vivant le principal dirigeant de l’Union des Forces Populaires du Maroc, condamné à mort par contumace par la justice marocaine, et son corps ne sera jamais retrouvé.

    « Coïncidence : le général Mohamed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur, Ahmed Dlimi, directeur de la sûreté nationale marocaine, et un certain Chtouki, chef des brigades spéciales marocaines, se trouvaient à Paris à ce moment-là. Cette affaire soulève en pleine campagne électorale en France l’indignation des milieux politiques francais, notamment l’opposition de gauche, François Mitterrand en tête. Le chef de l’Etat, le général de Gaulle, dans une conférence de presse du 22 février 1966, minimise la part des services secrets français et fait porter toute la responsabilité sur le général Oufkir. Plus tard, un repris de justice, Georges Figon, affirmera avoir vu Oufkir tuer l’opposant marocain avec un poignard décroché d’une panoplie dans la villa. L’instruction judiciaire, menée par le juge Louis Zollinger, aboutit à l’inculpation de treize personnes dont le général Mohamed Oufkir, Ahmed Dlimi, Marcel Leroy-Finville, un des responsables du SDECE (les services secrets français d’alors), Antoine Lopez et Georges Figon. Un premier procès s’ouvre le 5 septembre 1966. Six accusés sur treize sont dans le box. Les sept autres, dont Oufkir, Dlimi et Boucheseiche, font défaut. Deux coups de théâtre relancent l’affaire : d’une part l’un des accusés, Figon, est retrouvé mort à Paris et l’enquête conclura à un suicide. D’autre part, Dlimi se constitue prisonnier.
    Un second procès s’ouvre le 17 avril 1967 en l’absence de la famille Ben Barka, retirée des débats après le décès subit de ses principaux avocats. Le verdict du 5 juin 1967 acquitte Dlimi et les protagonistes français, à l’exception de Lopez et Souchon, condamnés respectivement à huit et six ans de prison. Mohamed Oufkir, désigné par la justice comme le grand responsable de la disparition de Ben Barka, est condamné par contumace à la réclusion à perpétuité. La condamnation par la justice française d’un ministre étranger en exercice, fait sans précédent dans le droit international, devait provoquer le gel des relations franco-marocaines pendant deux ans. »
    Mehdi ben barka ne menecé pas le régime Hassan2 mais la reussite de son congré donnera une indépendance politique et économiques à trois continants ce qui mettra en danger les puissances coloniales et étrangères «  »les services secrets compétants dans le temps étaitent des quatres pays dérigeant le monde1/CIA 2/ moussade3/ dgse4 les services secrets britaniques…mais qui d’entre eux menace Benbarka « peut être aucun d’eux …?et si Benbarka revenu dans le temps aux maroc ils n’aura surement pas menacer le pouvoir car Hassan2 et si puissant ..mais il menacera peut être des politiciens qui voudraient s’emparer du pouvoir qui sont-ils? Les journalistes n’avaient surement pas poser la question.
    signé:acharif moulay abdellah bouskraoui
    http://www.mohamed6.canalblog.com

  2. Mehdi Alami dit :

    Billet pour la Suisse et la France ou chemein de non retour

    La délégation provençiale et le commissariat hay mohammadi casablanca sous la domination d’anciens colons juifs qui sont contre l’ambassade de France et contre ses intérets cosmopolitains.
    Les momies politico administratives et les instruments de propagande au semblant d’autonomie qui leur sont fournis ne feront pas hésiter les consciences. L’écriture de l’histoire s’accomplit au grand malheur des marchands de « vérité » et leurs commanditaires. Le bis repetita historique n’est que correction et la démarche n’est qu’anti-trust. A chacun sa fenêtre.

    En effet des anciens colons juifs sont contre l’épanouissement de la francophonie et torturent les marocains universitaires qui s’éxpriment en langue française.

    Avec un materiel émanant les ondes radio, laser,magnétisme et doté de caméra numérique branchés sur les systémes nerveux d’une tribu de barbares primitifs primates qui se sont reliés à la colonisation par les nommés Zemmrani et Senhaji accusés d’avoir jadis tenter d’assassiner feu SAM le roi Mohammed V en temps de colonisation.sont encore actifs.

    Le nommé Senhaji Abdelaal accusé de haute trahison vis-àvis de la nation marocaine, torture encore les résistants marocains et nous fait vivre en 2007,le jour fatidique du 18 juin 1954, à Casablanca, à l’insu des services du protectorat venus l’arrêter, que feu Zerktouni, dans un geste qui illustre le sacrifice suprême, préféra se donner la mort que de se voir contraint sous la torture de divulguer les secrets du mouvement et dénoncer ses compagnons de lutte. C’est par ce devoir là que ce jeune homme, armé de sa foi en Dieu et mu par le sens de l’honneur a accompli avec courage et détermination ce geste de bravoure. Il a rendu l’âme dans l’honneur et la dignité juste après son arrivée au commissariat, et à hay mohammadi vivent ceux de la misére intélléctuelle et la débilité senile que met Zemmrani dans les meninges de ses victimes par transplantation cérébrale.

    Les victimes reliées par leurs systémes nerveux à ces bio-anthropoides subissent l’intense torture par ces assoiffés de cranes fracassés et de veines déséchées et a qui on fait transmettre par caméra numérique les hallucinations de la Tour Eiffel et l’autoroute du dérnier voyage en leur accordant le visa pour l’au-delà, une vraie scene des mémoires d’outre-tombe vecue dans les pays d’outre-mer.

    Les anciens colons juifs et l’éxtreme gauche contre Rabat et Paris sont accusés d’avoir assassiner Mehdi Benbarka qu’ils voulaient coller à Rabat , c’est une partie de SDECE et des truands français qui l’on tuer , à cet éffét la réunion des ministres des affaires étrangéres Franco-marocaines avec l’ONU se sont convaincus de la relation entre Boukhari et cette affaire et entre ce dernier et la délégation provençiale melêes aux affaires Omar Benjelloun, Tabet et Slimani -Afoura.
    la meme de couverture : […] Trente-sept ans plus tard, Ahmed Boukhari, agent des Services spéciaux marocains, raconte l’interminable traque de Mehdi Ben Barka, le célèbre opposant, sa capture et sa mort dans une villa de Fontenay-le-Vicomte, avant le sinistre retour au Maroc. Ahmed Boukhari révèle aussi la guerre de l’ombre menée par les services contre « la subversion », et leurs accointances avec la CIA et le Mossad israélien. Il ne cache rien des tortures et des assassinats pratiqués dans les lieux de détention secrets où tant de séquestrés ont disparu durant les années de plomb.
    Pour la première fois, un policier marocain chargé de participer à la répression ouvre ses dossiers et livre ses souvenirs. Avec lui, nous pénétrons au cœur d’une effrayante machine à liquider les corps et à broyer les âmes , c’est l’arme scalaire de raoul yacoubi existant à la délégation provençiale et au commissariat hay mohammadi.
    concernant l’affaire Tabet et Othmani L’affaire bouge cette fois vers l’identification des vrais auteurs du scandale qui a fait trembler le Maroc en 1993.

    Ahmed Reda Guedira,conseiller de feu S.M le Roi Hassan II , est soupçonné d’être le pêcheur qui a jeté l’hameçon à Tabet ,qui tenait des cassettes et documents le concernant,!tout en sachant que Guedira dirigait un vaste réseau de prostitution au Maroc et dans les pays pétro-dollar et même à Israel dans le milieu judéo-marocain surtout dans le célébre Cabaret de Telaviv King-David ce qui établi une relation entre raoul yacoubi et rachid guedira actuellement à la délégation provençiale et au commissariat hay mohammadi avec Benbiga.

    Un conseiller du souverain est en charge du dossier.la réintégration des officiers de police condamné dans cette affaire est à l’ordre du jour. mais la vérité reste toujours ailleurs ,enfin dans les tiroirs des RG de la préfecture de police de Casablanca-Anfa.
    Selon nos sources des données confidentielles qui touchent un bon nombre de la jet-set de Rabat le commissariat hay mohammadi est mêlé à cette affaire ainsi que la délégation provençiale où se trouvent Zemmrani , Zemmrani mohamed, Zemmrani Adnane et Senhaji Abdelaal et les trés dangereux criminels Othmani et hmamsi Abdelghafar , l’assassin des carriéres centrales qui a froidement et sauvagement assassiner 70 personnes dont les organes et huiles sont objet de commerce.

    Aux caves de hay mohammadi on torture encore les résistants marocains qui sont pour SAM le roi et encore la misére intéllectuelle de Rakouch, Bougataia, Ghanou, et BAgaga vit malgré le temps.

    Le sionisme est une forme de colonisation existante au Maroc et alliée a Benaarafa et sa déscendance et où le racisme aveugle a pousser ces criminels a utiliser l’arme scalaire du groupe Bidelberg (www.syti/silent/weapons.html) qualifiée d’arme silencieuse pour guerre (haaarp, l’arme ultime.html) et armes scalaires(membres.lycos.fr/frendelvel),a assassiner à casablanca.

    Le modus operandi du mossad existe à Casablanca, le faux-alquaeda du mossad-Gaza est transposé au Maroc (www.bladi.net/forum/1801-faux-alquaeda-mossad-Gaza) et (www.solodarite et progres.org) et l’affaire de Pierre antoine richard en est la preuve.
    Voir l’aricle du journal Alquds paru en Angleterre sous le titre  » Le maroc Fait ses adieux à la démocratie ».
    La libération de l’Europe apprendra aux pays coloniaux à inscrire dans leurs politiques étrangères la tolérance des humeurs indépendantistes de part et d’autres des régions impériales. Les « indigènes » se sont organisés autour de cellules armées dans les maquis ruraux et les espaces urbains, canalisés par une avant-garde intellectuelle lauréate des écoles moyen-orientales ou locales pour les uns, et occidentales pour les autres.

    Le cas du Maroc était complexe à la hauteur de la complexité sociopolitique du pays. Un Royaume se voulant Empire, un cosmopolitisme tribun fécond, et des relations internationales effectives depuis des siècles. L’approche coloniale s’est manifestée par une méthode protectrice contrairement au VietNam ou à l’Algérie, impliquant un processus de décolonisation différent à la hauteur de la subtilité politique de l’Etat chérifien.

    En entrant dans la négociation avec la puissance coloniale, L’aile politique du Mouvement National a été piégée par la déportation de Feu Mohammed V à l’exil corse et malgache, imposant ainsi aux compagnons de route de feu Allal El Fassi de traiter principalement le retour du monarque, laissant pour seconde priorité les conditions de l’indépendance abordant les structures de souveraineté et les approches de coopération futures. De 1956 à 1961, le colonialisme n’est sorti que pour mieux revenir, laissant le mouvement national connaître sa première divergence fondamentale opposant les conservateurs aux progressistes, d’où la création de la gauche autour de la structure organisationnelle « UNFP ». Il aura fallu au second régime de la période post coloniale moins d’une année pour entrer en conflit avec les dépositaires de la cause socio-populaire, légitimant l’attitude par la non préparation structurelle du peuple aux aspirations proclamées par le conseil national des forces populaires.

    Un politburo éclairé acquiescant la légitimité scientifique nécessaire pour être imposant dans l’enceinte Internationale, un syndicat héritier des structures de la CGT française encadrant la majorité de la classe ouvrière, et une base immense adepte du collectivisme productif et de la philosophie instinctive de la libération des couches prolétaires, auront suffit à l’inquiétude pour passer à l’acte. Une répression sanglante frappa le parti de Mehdi BenBarka au début des années 60. La pénalisation des militants du parti, la mise au pas des organes de presse et de la centrale syndicale, l’utilisation des méthodes de service faisant régner un climat de suspicion entre leaders nationalistes et « la démission face à l’acquis » adoptée par le parti de l’Istiqlal, ont plongé le pays dans un statut quo matériel aliénant l’essor tant attendu du sacrifice fourni.

    Le parti fera le choix de l’option révolutionnaire qui est basée méthodiquement sur l’esprit de continuité qui sèmerait les semences du cordon ombilicale entre le Mouvement de Libération National et la nouvelle génération, et idéologiquement dans une optique démocratique adepte de la souveraineté populaire autour d’une monarchie parlementaire à l’instar des revendications progressistes espagnoles, pour pouvoir œuvrer en vue d’une transformation culturelle généralisée dont l’objectif n’est autre que d’aboutir aux aspirations sociétales inscrites dans les convictions politiques des hommes d’époque. Féodalisme médiéval encadrant une population majoritairement analphabète et non qualifiée ont paradoxalement joué en faveur d’un régime qui voulait maintenir les choses en état. Face à cette facilité politique, un certain Docteur Youssef Belabbes, ministre de l’éducation nationale, a rédigé une circulaire pour tous les « ayants droit », imposant un age limite aux candidats au baccalauréat dans un pays qui manquait foncièrement de cadres et d’intellectuels. La situation ouvrière viendra alors se joindre à la grogne des étudiants pour propulser l’émeute de 1965 à Casablanca, qui fut maté par Oufkir à tirs d’hélicoptères. Les rumeurs parleraient de napalm. L’état d’exception fut proclamé au dam du très courtisan docteur Elkhatib, président d’une assemblée nationale dont les membres ne représentaient aucune légitimité populaire. La révolution du Roi et du Peuple se verra tracer une ligne imaginale en plein diamètre de son contrat social. Dans cette tension plutôt relevant du charismatique entre la gauche d’une part et l’entourage d’autre part, Hassan II eut la sagesse d’entamer le dialogue avec ses rivaux.

    SAM Hassan II est innocent de l’assassinat de Mehdi BenBarka n’est autre que son professeur de mathématique et Abderrahim Bouabid demeure le jeune avocat lauréat de science’ po, signataire du manifeste de l’indépendance à l’age de 17 ans. Leurs compagnons sont membres de l’armée de libération nationale à l’instar de Mohammed Basri et Mohammed Bensaid Ait Idder, et leurs militants sont des intellectuels éclairés comme Omar Benjelloun, lauréat de l’institut de télécommunication de Paris et publiciste diplômé de la Sorbonne, et Mohammed ElYazghi, Enarque et juriste de haut niveau. La continuité est ainsi personnifiée : L’élite intellectuelle historique, les membres de l’Armée de Libération Nationale et une nouvelle génération brillante. La raison prendra le dessus en passant d’une attitude de crainte et de réaction à celle de respect et de dialogue. Le Roi envoya son second à Paris afin de proposer à BenBarka de solutionner une équation politique complexe qui traversait le pays. C’est alors que la médiation se transformera en une opération connue sous le nom de « bouya bachir » -père de bachir-, réputée d’avoir eu pour objectif de ramener manu militari le leader socialiste à cette villa de Fontenay le Vicomte. La figure emblématique du tiers monde aura emporté son secret dans une sépulture qui ne voit toujours pas le jour. Le parti des forces populaires rentre alors dans un silence clandestin et violent face à l’incompréhension et à la conclusion facile. Les exilés du parti, notamment Mohammed Basri alias l’Fkih, adopteront une position radicale et existentielle face à un régime qu’on croyait adoptif de l’indifférence et auquel on attribuera des étiquettes d’adversité. Le tanzim rentre alors en action. Des centaines d’étudiants, de résistants et de cadres sont embrigadés pour montrer au monde que la gauche existe sans soumission face au sous-développement imposé. La sagesse de Bouabid et de ceux qui ont refusé les subventions internationales pour faire avancer le Maroc n’ont pas pu dissuader les portes drapeau du blanquisme manipulateur. Une crise fondamentale envahira le parti de BenBarka. Le régime trouvera l’occasion inattendue de présenter ensemble, face aux tribunaux civils après un passage à la tristement célèbre Dar ElMoqri, les cadres du tanzim et ceux du Parti en action politique à l’intérieur du pays. Aussi bien Mohammed Elyazghi et Lahbib Forkani qu’Ahmed Benjelloun et Said Bounailat figureront dans la liste des accusés présentée par le « ministère public » lors du fameux procès de Marrakech. L’auto défense de Forkani et l’ironie désespérée de Benjelloun émeut l’assistance venu soutenir la gauche marocaine dans son calvaire tragique. Pierre Joxe, Michel Rocard et François Mitterrand, ainsi que de nombreuses personnalités internationales, étaient toutes présentes. Les ténors de la classe politique nationaliste ont entrepris le ballet des toges noires en se constituant en comité de défense présidé par Abderrahim Bouabid, accompagné de M’hammed Boucetta et Abderrahmane Benamrou ainsi que d’une centaine d’avocats en exercice. C’était le procès d’une cause qui s’est transformé en réquisitoire contre un régime. Les vices de formes furent aberrants allant piocher jusqu’aux lectures des présumés coupables. Gorky, Marx voire Céline relevait de l’intolérable. Du fin fond des geôles de la honte, les détenus apprennent la première tentative de coup d’Etat croyant à chaque instant qu’ils allaient passer à la mitrailleuse, surtout que le gardien en chef des prisonniers politiques de la prison centrale de Kenitra n’est autre que le cousin d’Oufkir. « Criez fort !» leurs disait un gardien de bagne afin de leur éviter les supplices du caporal en chef. Ces cris raisonnaient dans le surmoi du politburo.

    Abderrahim Bouabid et Omar Benjelloun feront leurs auto-critiques en aiguillant l’intitulé de la ligne idéologique du parti vers une adaptation plus proche de son contenu, et « l’option révolutionnaire » se transformera par souci de sémantique en « option démocratique ». La continuité tant voulue par BenBarka se divisera verticalement entre ceux qui ont défendu la méthode politique et intellectuelle, et ceux qui ont voulu défendre la même démarche en adoptant la pression extérieure. Malgré les tergiversations, la liaison entre les fractions était maintenue. Les sacrifices méthodiquement différents ont irrigué la marche vers la démocratie. « Ils font de l’artisanat politique (…) pourquoi ne viennent-ils pas militer à l’intérieur du pays ?» s’interrogeait Omar Benjelloun. Les intellectuels du Parti ne comprenaient pas l’aventurisme spontané et presque non civil des exilés. Bouabid multipliera alors ses voyages en destination de l’hexagone afin de convaincre les trésoriers du tanzim. Il reviendra avec une conclusion affirmant les thèses de ses compagnons ayant choisi comme lui de rester au Maroc : Abderrahmane ElYoussoufi manipulait la spontanéité de Mohammed « Fkih » Basri puisé de son parcours résistant, permettant au tangerois gentilhomme de s’imposer en alternative plausible aux yeux des puissances européennes ainsi que dans le monde arabe. Entre temps, la seconde tentative coordonnée par le général félon sera imaginée dans sa villa de Temara, admirant un avion au vol qui laissait fumer ses réacteurs. Ce désespoir du vétéran de l’indo chine viendra après qu’il ait juré face à Abdallah Ibrahim et Allal Elfassi de n’avoir point tué BenBarka, dans un ultime essai de redorer le blason de sa conscience. Le pire est effectivement arrivé. Qasdi Merbah des services algériens sommant Basri à d’amples explications, ce dernier se trouvera incapable de lui répondre. Pareil pour la Libye, qui ordonna ensuite à son aviation d’aider le « conseil de la révolution ». Lors de ce dimanche du 16 août 1972 (journée interdite de visites dans les circulaires de la direction pénitentiaire du ministère de la justice pour ceux qui l’oublieraient) Bouabid prévient Basri de « ne point se mêler aux révolutions de palais », et que « se n’était autre qu’un canular militaire perpétré par les américains qui voyaient en Hassan II de par son possible rapprochement de la gauche, la future démarcation du Maroc par rapport à l’hégémonie américaine ». La brève analyse dépassait intellectuellement le tandem Basrio-Youssfiste, suscitant après information le sourire de Benjelloun. De la méfiance, la gauche attira de facto le respect de Hassan II. Ceux que le régime a essayé de détruire se positionnent en chantres de la non violence. Les détenus du procès de Marrakech bénéficieront de remises de peine en gratitude politique à ceux auxquels le régime n’a pas daigné faire confiance. Le climat devient alors propice à tous les excès pour les nouveaux sécuritocrates. Mahmoud Bennouna, ingénieur lauréat de l’école polytechnique de la RDA, choisira alors le trois mars 1973 pour essayer de vérifier l’exactitude de la conviction du Fkih : « le peuple est tellement humilié qu’il suffirait d’une balle pour qu’il se révolte ». L’enfant issu d’une famille bourgeoise et conservatrice de Rabat tombera dans le champ d’honneur à Moulay Bouazza à cause des manipulateurs et par utopie révolutionnaire. Ernesto Guevara a eu le même sort et dans les mêmes conditions étant lui aussi d’une famille aisée. Le comble de l’immatérialisme est effectivement incarné en ces deux hommes. Les services d’Ahmed Dlimi et de Driss Basri se voient légitimés afin d’enchaîner les coups bas. La liste des opérations est longue et celle des victimes exige l’inclinaison. L’intimidation ne pouvant gangrener le déterminisme des chefs de file et des militants du progressisme démocratique, l’UNFP entrera en phase de rupture avec les tenants de l’inspiration violente en gage de bonne foi pour imposer politiquement leur projet civilisationnel. L’intégrité territoriale redevient à l’ordre du jour par le canal de nos provinces du sud établissant un consensus national autour de la question, suscitant une grande déception de ceux qui ont voulu servir la cour par l’inconditionnalité puérile voire la poésie. Comble de l’ignorance, ceux qu’on appelle porte-parole des partis administratifs n’ont pu une nuit penser que dès le déclenchement des tractations entre parties de notre contrat social, la cour savait depuis toujours où résidait la légitimité nationale. De la médiation diplomatique de Bouabid à l’implication de Benjelloun dans la sensibilisation de l’opinion Internationale, le Maroc a pu obtenir en sa faveur l’avis consultatif de la CIJ par la brillante défense de Mohammed Bennouna, l’actuel représentant du Maroc aux Nations Unies. La gauche se retrouve encore une fois à l’avant-garde de « la cause Maroc ». L’USFP sera alors fondée lors du congrès extraordinaire de 1975, basé idéologiquement sur « l’option démocratique » d’Omar Benjelloun et Abderrahim Bouabid, signant l’arrêt clinique de son ancêtre l’UNFP. Encore une fois le régime se voit dans la nécessité de véhiculer une propagande anti-socialiste. Pour le Méchouar la cause se devait d’être sienne. La confiance n’était pas au point pour permettre le partage de la propriété intellectuelle. Les signes de respect se multipliaient mais la confiance tardait à s’établir. Le CAB1 en crise existentielle multipliait les manœuvres. Chantages et corruption commencent à infiltrer les militants, récupérations absurdes et intox essayeront d’entraver les œuvres politiques de la gauche jusqu’à ce qu’au milieu des revers tendus, un coup droit efficace viendra gêner la gauche jusqu’à nos jours, celui de l’islamisme politique. Il sera d’abord instrumentalisé pour l’assassinat d’Omar Benjelloun le 18 décembre 1975 pour qu’il poursuive le progressisme jusqu’à sa légitimité originelle en ce début du 21ième siècle. Cet assassinat a suscité la déception politique par rapport à ce capital respect tant voulu par les charismes, qui dans la déstabilisation et l’incompréhension encore une fois, a permit aux héritiers de la manœuvre policière d’enfoncer le couteau dans la plaie allant jusqu’à incarcérer la direction du parti en 1981 pour avoir rejeté l’option du referendum quant à la marocanité du Sahara, en les personnes de Abderrahim Bouabid et Mohammed ElYazghi. La position des militants et de certains cadres en soutien à leurs compagnons a provoqué une répression féroce au Maroc comme en France, où les sbires du régime se sont impliqués dans des rapts à l’intérieur du pays notamment celui d’Ahmed Benjelloun, et une répression à l’encontre des étudiants Ittihadi par les services du même Docteur Youssef Belabbes devenu Ambassadeur à Paris. Dire que Abderrahim Bouabid fut le premier Ambassadeur du Maroc en France…pauvre Maroc !

    La fin de siècle dénotera d’un tout autre rapport à l’égard de ce mouvement qui a commencé par être craint puis respecté dans la méfiance. On lui confiera l’alternance toujours dans la suspicion, accompagnant son essai d’yeux dont la logique fut pourtant défendue tout au long de ce processus militant inscrit dans le sacrifice de vies entières. La gauche lui sera alors opposée une presse se voulant indépendante n’ayant pour seule ligne éditoriale que de s’attaquer aux valeureux patriotes de ce pays. Malheureusement pour les financiers-journalistes, les fondements et l’exactitude des faits sont vérifiables de par l’Histoire. Au nom de la mémoire cette dernière est déformée, réduite voire falsifiée. L’encre qui a coulé depuis l’installation du chromosome démocratique a entaché l’esprit militant, induisant le public dans l’erreur du qualificatif facile. A en reprendre, la base serait lésée et par cela opportuniste, les élites seraient de sombres comploteurs assoiffés de pouvoir et les cadres militants des loups parmi leurs semblables. Comble de l’ingratitude, actuellement un cadre de ce mouvement serait accusé d’anomalie biologique, l’autre de corrompu et ainsi de suite. Cela va sans dire que nous devrions, à en croire la plume juvénile et mercenaire, conclure que le sourire de Benjelloun serait complot, l’attitude de Bouabid serait conspiration et l’ignorance du Fkih implication. Le bénéfice du doute tant accordé aux apprentis rédacteurs n’a fait que leur permettre de diminuer les invendus, en traînant dans la boue et livrer à la meute des chiens par haine inspirée de je ne sais quelle éducation, ceux qui ont pu intégrer le Maroc dans l’universel. La seule réalité qui jaillit de ces officines intellectuelles présentées au peuple comme source de vérité, c’est que « la cause Maroc » devient de nos jours…« le produit Maroc ». L’environnement démocratique voulu d’en haut en hommage aux sacrifices d’en bas n’a que l’unique objectif de s’inscrire dans le constructif.

    Actuellement le progressisme réside dans l’âme de toutes les composantes de cette gauche que l’on accable, respectée elle était…et domestiquée ne le fut jamais.

    Ce qui donne cette caricature est l’éxtreme gauche délinquante et psychopathe de la gélégation provençiale et le commissariat hay mohammadi refuge de la phalange sioniste criminelle où les nommés raoul yacoubi a assassiner l’ex-premier ministre Me maati Bouabid avec le nommé Senhaji abdelaal et Senhaji abdelwahid et où le nommé Zemmrani et sa tribu de barbares assassinent le service de renseingement de SAM le roi et où Othmani branché par son systémé nerveux à un ordinzateur qui le télécommande et à une caméra numérique qui le téléguide a assassiner les etres humains avec une arme scalaire qu’il veut diriger contre SAM le roi.

  3. MANGIEU dit :

    J’ai des révélations importantes à faire sur la disparition de Médhi Ben Barka. Je n’arrive pas à joindre son fils Bachir. Avez vous une possibilité de m’indiquer un e.mail ou autre façon de le joindre

  4. Alami mehdi dit :

    Mehdi ben Barka, ex presidente de la primera Asamblea Nacional de Marruecos, fue secuestrado en pleno centro de París el 29 de octubre de 1965. Opositor de las colonistas, el político progresista fue asesinado poco después, presuntamente a manos del servicio secreto françés aunque tampoco parecía plato de buen gusto para Francia ni Estados Unidos, que veían en él a una de las cabezas pensantes de la nueva y emergente África poscolonial.

    El día de su secuestro, Ben Barka había quedado en una cafetería con un productor de cine con el que preparaba un documental sobre la descolonización, escrito por Marguerite Duras y dirigido por Georges Franju. Con la base puesta en esta reunión, Serge Le Péron, ex director de la revista Cahiers du Cinéma y realizador desde 1984, ha compuesto esta película en la que el político marroquí es la excusa argumental para contar la muy cinematográfica historia de Georges Figon, el productor con el que Ben Barka iba a trabajar, un chorizo de poca monta, un fabulador de la cotidianidad que se creía grande y no era más que una simple marioneta.
    Con Ben Barka como personaje secundario, la película huye de toda dramaturgia emparentada con el espectáculo. De forma tan seca como fatigosa, Le Péron narra su intriga con cierta confusión y acudiendo a la explicación oral (y no la visual) con demasiada frecuencia. Lejos del rabioso estilo de directores contemporáneos de los hechos que narra, especialistas en la denuncia política, caso de Costa-Gavras o Gillo Pontecorvo, Le Péron acaba conformando una obra que mantiene casi siempre su interés histórico-político, pero cuyos valores cinematográficos se van perdiendo por el tortuoso camino de sus personajes.

  5. Kristine dit :

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  6. aimée dit :

    je suis une ben barka et walla un jour allah nous guidera ver la verité

  7. alami mehdi dit :

    L’intervention d’un spot comme celui de kristine ne convient pas au site.
    à bientôt

  8. mohamed dit :

    wacch had chi li kateb bessa7 ou la kdoube

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